Il est tard, je suis fatiguée et repenser aux Horrors est très nuisible pour ma santé (je n'en suis toujours pas remise). Vous m'excuserez donc d'avoir mis si longtemps à pondre cette review, vu l'effort psychologique qu'elle me demande (je dois ménager les systèmes de refroidissement de mon cerveau, tout de même!). Pour les Jours 3 et 4 de Dour, repassez un autre jour, ça arrive.La légende dit que l'on va plus à
Dour pour l'ambiance que pour les têtes d'affiche (assez rares). Festival placé sous le signe de la découverte, donc. L'édition 2007 est mon baptème dourois, avec accès aux backstages, s'il vous plait. Il parait que je me la pète. C'est pas faux. Récit laconique de mes aventures en région limonneuse hennuyère avec Pauline, Sibylle, Tatiana et Boris (le mâle du gynécée).
Jour -1L'idée, c'était d'arriver un jour plus tôt pour trouver un bon emplacement au camping. C'était une très bonne idée. Dommage que 23 000 autres personnes aient eu la même. Résultat: 2 trains ratés car trop bondés + 10¤ de taxi car navettes trop remplies + 3 km de file à l'entrée = arrivée sur la plaine à minuit. La boue s'était substituée au sol. Les gens m'écrasaient les pieds. Ca ne me dérangerais pas outre mesure en temps normal mais là j'avais des chaussures. Neuves. Quelle idée me diriez-vous, mais je pensais les user à la poussière du festival et non pas à la boue
-I'm so naïve, yet so ... Fait étrange: il y avait plus de Flamands et d'Anglais que de francophones ce qui m'a fait penser toute la semaine que j'étais à Werchter... Après moultes péripéties, B. et moi retrouvons les autres et la tente fut montée vers 03:30 am.
Jour 1 [Non, le jour 0, ça n'existe pas!]A l'intérieur de la tente, on dirait qu'il fait plein soleil. Pleine d'espoir, j'ouvre... Surprise: encore de la boue! Il a plu toute la nuit, top cool. En plus je suis à la bourre pour mon "travail". Je devais me présenter à 8h30, mais les réveils, j'aime pas trop, il était déjà midi passé. Ai mis une éternité à trouver les loges, qui, soit dit en passant, sont les plus jolies du monde. Dommage que j'ai perdu le nom du décorateur. Pause. Retrouve les autres sur la plaine pour les
dIPLOMATS. Autant sur LeurEspace je suis pas fan, autant en live je me suis prise une
grosse claque en pleine face, je les adore. Ce jour-là il y avait aussi: Vive la fête, Aaron, Eté 67, le Wu-Tang Clan, Guitar Wolf, Montevideo ...
Jour 2 [attention, si vous n'aimez pas les épanchements de groupie, ne lisez pas ce qui suit.]Toujours de la boue. Mais peu importe, c'est
vendredi 13 et
The Horrors jouent aujourd'hui. Aujourd'hui, je vois les Horrors. En vrai. Enfin. C'est un peu uniquement pour eux que je suis à Dour. Je mets encore une bonne heure pour arriver aux loges et me plains de ma situation -mon activité favorite. Et là, on m'apprend qu'il y a
un dortoir dans les backstages et qu'il reste de la place pour moi!!! Je repars donc en expédition au camping zone E (oui, ça commençait par la zone A). 3 heures après, montre en main, je suis de retour, en sueur, et sur le parking des navettes je tombe sur ...
Sean Lennon. Tétanisée. A peine le courage de faire un signe de la main. Signe qu'il me rend avec un grand sourire. Je prends la poudre d'escampette, allez savoir pourquoi, je voulais juste mettre des vêtements propres je pense. Mes instincts de chat ... Douche. Puis accueil des artistes:
Hot Chip, The Rapture, Bright Eyes, CYHSY, etc etc mais toujours pas vu les 5 anorexiques... Vers 5 heure, alors que j'avais perdu espoir, je vois une petite silhouette noire aux yeux bleus qui tire une valise.*Tilt*. Suivi par une grosse touffe de cheveux. *TILT*. D'après les autres bénévoles, j'ai fait un bond sur ma chaise quand
Coffin Joe a posé ses pieds dans le bâtiment. Ils ne sont que deux? Non! Un grand homme mince se profile à l'entrée: c'est
Tomethy.*je suis liquéfiée*.
Rhys et
Faris arrivent enfin, ils sont tous devant moi, au grand complet. Ils ressemblent exactement à des photos, sauf que je peux les toucher. Avantage non négligeable. Pendant que tout le monde leur demande de quel groupe ils font partie, je reprends mes esprits et me rue sur les clés de la loge pour les accompagner. C'est la première fois de ma vie que je suis heureuse de porter des caisses lourdes (leurs bouteilles de whisky) et que je me découvre une attirance irrésistible envers des serviettes de bains utilisées (par eux, cela va de soi). Bref, je vous passe les détails et en vient au concert. Je me faufile au premier rang au milieu du Dance Hall et qui je retrouve? Les timbrés qui me servent d'amis. Ils me regardent pour me demander comment c'était en backstage; je réponds par un cri, ils crient aussi; l'hystérie commence. Mais pas des iiiiiiiiiih de groupies hein, un vrai cri de Pamphylien!
A droite, il y a l'orgue. Devant l'orgue, des émos. Par après, j'ai découvert que c'était le
fan club belge des Horrors *AHEM*. Si vous regardez leurs vidéos, vous découvrirez qu'en fait, ce n'était pas tout un public mais les cinq hystériques du premier rang -càd nous- qui criaient.
Coffin Joe, Tomethy et Joshua entrent suivis par
Rhys. Faris arrive enfin, les hurlements (même plus des cris) fusent,
il baptise son rocher, Josh plaque un accord,
"Count in Five" je crois, la folie commence. Trente minutes non-stop de danse hyperkinétique. B. P et S. se disputent un ballon crevé que Faris avait transformé en
chapeau, chacun pensant que les deux autres étaient une jeune émo enragée. C'est P. qui a remporté la lutte.Ce concert a fait de moi une groupie absolue, je me suis surpise à m'agripper au mollet de Faris pendant qu'il était sur la barrière et à hurler
"Rhyyyyyyysss !!!" à tout bout de chant -même pour dire Josh ou Faris, je pense que j'ai fait un blocage. Finalement ils sont partis 30 minutes plus tôt que prévu (ils n'ont joué qu'une demie heure). J'étais très désapointée sur le moment, mais avec le recul, je me demande si ça n'était pas une bonne idée, vu l'état dans lequel on était après 30 minutes, je n'ose pas imaginer à quoi on aurait ressemblé après une heure.
Après concert: je retourne dans les loges pour faire signer le t-shirt de P. -qui était donc en soutient gorge- et discute avec Josh, Tom, Rhys, Joe et Luke des Rapture car j'étais enfin capable d'avoir une conversation convenable en anglais. Je dis à Rhys qu'il va devoir signer ma jupe, après. Il me demande avec un sourire plein de sous-entendus si ça veut dire que je vais devoir l'enlever. Je trouve ça cruel quand on connait ses préférences sexuelles. Et son petit jeu a duré toute la soirée. Je me demande comment j'ai réussi à ne pas le violer sur place. De toute façon ils étaient partis sur la plaine et j'ai dû rester en backstages au lieu de les suivre. On m'annonce alors une terrible nouvelle: leur tour bus est parti... Je m'effondre, Rhys m'avait promis de revenir me signer. Heureusement, vers minuit, j'entends dans la radio
"shkrhksrhk, The Horrors ont volé une voiture de golf shkrskhrkh je répète shkrhskhksr The Horrors ont volé une voiture de golf shkrshksrkh personne ne sait où ils sont". *tilt* Ils sont toujours là. Je cours attraper la prochaine navette et, ô miracle de Chrismukkah, ils sont assis comme des enfants sages dedans! Je finis donc par faire signer cette jupe -pari tenu- mais ils doivent partir trop vite, à cause d'un fichu avion à prendre. J'attends leur retour sur le sol belge de pied ferme.
Photo: Ben oui, y'a moyen de faire plus flou.
Credit: Er le Pamphylien aka Special K